“Béni soit Dieu, le Père de notre Seigneur Jésus Christ: dans sa grande miséricorde, il nous a fait renaître pour une vivante espérance grâce à la résurrection de Jésus Christ d’entre les morts...” (1 Pierre 1, 3)
Au cours des semaines qui ont précédé la commémoration de la mort et de la résurrection du Christ cette année, une nouvelle guerre régionale dévastatrice a une fois de plus plongé la Terre Sainte et l’ensemble du Moyen-Orient dans la tourmente. Chaque jour qui passe apporte son lot d’escalades de plus en plus violentes : un cycle implacable de mort, de destruction et de souffrances effroyables qui se répercute désormais à travers le monde en une crise économique grandissante. De la fumée noire de ces destructions qui s'étendent, une profonde obscurité a envahi notre région, aussi étouffante que l'air à l'intérieur du tombeau scellé du Christ crucifié. L’espérance elle-même semble nous avoir abandonnés.
Pourtant, comme l’enseigne l’Écriture et comme notre foi nous le révèle, la désolation du tombeau n’était pas la fin de l’histoire. La mort n’a pas eu le dernier mot. Par la puissance de Dieu, le Christ est ressuscité victorieux de la tombe, brisant les liens du péché et de la mort. Comme l’apôtre Paul l’a écrit : “le Christ est ressuscité d’entre les morts, lui, premier ressuscité parmi ceux qui se sont endormis” (1 Corinthiens 15, 20). En conséquence, à ceux qui se tournent avec foi vers le Seigneur ressuscité, Dieu “nous a fait renaître pour une vivante espérance” (1 Pierre 1, 3, ci-dessus).
Ainsi, en ces temps de bouleversements profonds, Nous, les Patriarches et les chefs des Églises de Jérusalem, adressons ces paroles fortes et encourageantes à nos communautés et aux chrétiens du monde entier, qui constituent le cœur de notre Message de Pâques. Afin “que nous menions une vie nouvelle, nous aussi, comme le Christ qui, par la toute-puissance du Père, est ressuscité d’entre les morts” (Romains 6, 4b).
Fidèles à cette vérité profonde, nous invitons les fidèles et toutes les personnes de bonne volonté à œuvrer et à prier sans relâche pour venir en aide aux innombrables populations du Moyen-Orient et au-delà qui souffrent cruellement des ravages de cette guerre. De même, nous les appelons à plaider et intercéder pour que cesse immédiatement l’effusion de sang et pour que la
justice et la paix règnent enfin dans toute notre région déchirée par la guerre, à commencer par Jérusalem et jusqu’à Gaza, au Liban et dans toute la Terre Sainte ; jusqu’aux États du Golfe et à Téhéran ; et jusqu’aux confins de la terre.
Enfin, dans ce même esprit, rappelons une fois encore les paroles de saint Paul qui, au milieu de ses innombrables épreuves, a écrit : “En toute circonstance, nous sommes dans la détresse, mais sans être angoissés ; nous sommes déconcertés, mais non désemparés ; nous sommes pourchassés, mais non pas abandonnés ; terrassés, mais non pas anéantis. Toujours nous portons, dans notre corps, la mort de Jésus, afin que la vie de Jésus, elle aussi, soit manifestée dans notre corps” (2 Corinthiens 4, 8-10).
Avec cette même foi profonde dans le pouvoir transformateur de la Résurrection du Christ, au milieu de nos propres tourments, échangeons entre nous cette ancienne salutation Pascale qui continue de résonner à travers l'éternité : « Le Christ est Ressuscité ! (Al Maseeh Qam ! Christos Anesti ! Christos haryav i merelotz ! Pekhrestos aftonf ! Christ est Ressuscité ! Cristo è risorto ! Christus resurrexit ! Meshiha qam ! Christos t'ensah em' muhtan ! Christus ist auferstanden !) Il est vraiment Ressuscité ! Alléluia ! »
—Les Patriarches et les Chefs des Églises de Jérusalem
*Traduit par le Bureau des relations avec les médias du Patriarcat latin

