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Méditation du Patriarche Pizzaballa : IV Dimanche du Temps Ordinaire, année B

28 janvier 2018 

IVème Dimanche du Temps Ordinaire, année B 

 

Pour entrer dans l’extrait de l’Évangile d’aujourd’hui, nous devons nous rappeler de l’extrait proclamé dimanche dernier. Les premières paroles de Jésus en Galilée nous serviront de clé de lecture pour lire non seulement l’épisode d’aujourd’hui, mais aussi les différents  passages  que nous rencontrerons les prochains dimanches. 

« Les temps sont accomplis : le règne de Dieu est tout proche ». (Mc 1,15). C’est cela la bonne nouvelle, l’Évangile que Jésus commence à annoncer. Dieu s’est fait proche, il n’est pas un Dieu éloigné. Dieu se fait proche pour pouvoir nous aimer. Il accomplit l’attente de l’homme, il accomplit les temps. Dans le reste de l’Évangile, les gestes et les discours ne sont rien d’autre qu’une explication  de la manière dont se réalise en Lui cette proximité de Dieu et comment Dieu se fait à chaque fois proche. 

Nous pouvons maintenant comprendre l’épisode de Jésus dans la synagogue de Capharnaüm. On ne sait pas ce qu’il y a dit mais on sait que son enseignement a frappé de stupeur (Mc 1,22) car l’assistance pressent en lui une autorité différente de celle des scribes (Mc 1,22) et un enseignement nouveau : « Qu’est-ce que cela veut dire ? Voilà un enseignement nouveau, donné avec autorité ! » (Mc 1, 27). L’assistance est donc stupéfaite de l’autorité de Jésus. 

Qu’ont appris les habitants de Capharnaüm ? 

Quand un enseignement fait-il autorité ? 

Jésus, dans son enseignement fait autorité car il ne se limite pas à enseigner la loi ou à l’interpréter ; il ne parle pas de quelque chose d’autre que lui-même mais il parle de ce qui est de lui, de ce qui lui appartient. 

Il y a une différence lorsque l’on parle de choses dont on a entendu parler ou même de ce que l’on a appris ou lorsque, au contraire, on parle de soi, de ce que l’on a dans le cœur, de ce qui fait partie de sa vie. 

La deuxième raison pour laquelle Jésus fait autorité est rapportée par les mêmes habitants de Capharnaüm : « Il commande même aux esprits impurs, et ils lui obéissent » (Mc 1,27). L’enseignement de Jésus fait autorité parce que c’est un enseignement libérateur. À plusieurs reprises, dans l’Évangile, Jésus réprimandera les scribes et les pharisiens parce que leurs enseignements oppriment et chargent les épaules des gens de pesants fardeaux. Il n’en est pas ainsi du sien qui, au contraire, libère, promeut, restitue la dignité et ramène à la source. 

Son enseignement est nouveau, non seulement parce qu’il dit des choses nouvelles mais aussi parce qu’il transforme la vie, il la renouvelle. Il n’augmente pas la connaissance de ceux qui l’écoutent mais il opère une conversion. 

Toutefois, cet enseignement pour certains est une ruine (Mc 1,24). 

C’est une ruine pour celui qui opprime l’homme, le dégrade comme le fait l’esprit impur qui s’était emparé de l’homme présent à la synagogue. C’est aussi une ruine pour celui qui se refuse à entrer dans la dynamique du changement, de transformation que Jésus propose. C’est une ruine pour celui qui voit menacée sa propre autorité, son propre pouvoir. 

Nous verrons par la suite, au chapitre 11 que cette autorité sera contestée. En effet, après avoir chassé les marchands du temple, les anciens lui demanderont : « Par quelle autorité fais-tu cela ? Ou alors qui t’a donné cette autorité pour le faire ? » (Mc 11,28) et Jésus ne leur répondra pas directement. Il les invitera à répondre à leur tour sur l’autorité du Baptiste, pour qu’ils s’interrogent d’où elle venait, du ciel ou des hommes (Mc 11, 30-33). 

Il est important de noter que l’esprit impur ne dit rien d’erroné, rien qui ne soit pas orthodoxe car il proclame correctement l’identité de Jésus qui est véritablement le « Saint de Dieu » (Mc 1,24). 

Mais ce qu’il manque justement à la profession de foi de l’esprit impur, c’est l’humilité de l’accueillir comme le saint de Dieu. Jésus est vu comme un obstacle, un achoppement à son propre pouvoir sur l’homme et il ne veut en aucun cas l’accepter (Mc 1,24). 

Mais il manque surtout la croix : cette profession de foi sera « vraie » seulement lorsque sa vérité sera adorée sous la croix, comme le fera le centurion en voyant Jésus mourir ainsi : « Vraiment, cet homme était Fils de Dieu ! » (Mc 15,39). 

+Pierbattista